Compagnie des Alpes (France)

Depuis 1968 l'article 1 de la convention collective de la Compagnie des Alpes accorde la priorité de réembauche de saisonniers des remontées mécaniques et des domaines skiables afin de limiter les risques du recrutement et de gagner en performance. Si la Compagnie des Alpes l'applique à ses personnels d'hiver, le groupe ne l'avait transféré aux saisonniers de ses différents parcs d'attractions français, Grévin Paris, Walibi Rhône-Alpes, Parc Astérix, Futuroscope et France Miniature.

Bien qu'un saisonnier sur deux rempile d'une année sur l'autre, ce taux élevé de renouvellement pèse sur les coûts de gestion et la performance. « Sur certains bassins d'emploi, par exemple le Parc Astérix - dont l'effectif double en été de 500 à 1.000 collaborateurs -, les problématiques de recrutement sont aiguës, le parc n'étant pas facilement accessible en transports en commun », illustre Céline Lemercier, DRH groupe de la CDA, au quotidien spécialisé Les Echos.

Fidéliser des ressources déjà formées allège les formalités d'intégration et de formation et accélère la mise en service du parc. En boutique, les postes de vendeurs nécessitent de connaître a minima, dès les premières heures d'ouverture, le parc et ses produits.

Si transférer l'accord-cadre aux saisonniers « d'été » fut un jeu d'enfant, sa mise en oeuvre prendra du temps. Cette priorité de réembauche s'appuie sur une procédure d'appréciation qui ne faisait guère partie des usages. Les managers ne pourront plus évaluer leurs équipes au jugé, mais devront les noter selon des critères stricts : ponctualité, qualité de l'accueil, capacité à fonctionner en équipe, à prendre des initiatives, et bien sûr absence de sanction. Seules les recrues qui auront procuré une « très grande satisfaction » pourront prétendre à leur réintégration la saison suivante, s'affranchissant de tout processus de sélection.

La CDA s'engage à leur fournir une réponse écrite bien qu'il ne s'agisse pas d'un engagement de reconduction automatique. Le saisonnier conserve sa liberté de postuler ailleurs et de ne pas rempiler. Son éventuelle fidélité, de toute façon, n'est pas récompensée. L'accès à un emploi de même nature l'année suivante n'a aucun effet mécanique sur la rémunération.

Les saisonniers pourront, en revanche, accéder à des formations qualifiantes durant les périodes d'intercontrat : « L'obtention de l'un des trois certificats de compétences professionnelles du métier d'agent de loisirs renforce l'employabilité, permet de viser un autre poste dans le parc, voire de convoiter un emploi fixe dans les métiers du tourisme », argumente Céline Lemercier, qui prévoit de renforcer, en interne, la palette de modules qualifiants (ventes, management, maintenance etc.).

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